1916 38ème R.I.

 

38 ème Régiment d’Infanterie

 

« A la fin avril, c’est le retour en secteur dans la région de Bitry. Ici, le paysage est moins désolé. Les bords de l’Aisne, le plateau de Moulin-sous-Touvent, les bois qui l’entourent ont subi dans une bien moindre mesure les ravages de l’artillerie. Nos bataillons vont reprendre la besogne d’organisation. La lutte ne cesse pas néanmoins : l’activité des engins de tranchée est continuelle. Le poste de Libertrud, la ferme Saint Victor sont souvent le théâtre d’escarmouches et des coups de mains, notamment celui de l’adjudant TRINQUE sur l’observatoire Saint-Victor et celui du sous-lieutenant DURAND sur le saillant Balthazar, témoignent que nos unités n’ont rien perdu de leur esprit offensif : ce dernier ne va pas tarder du reste à s’affirmer de nouveau plus complètement. 

Historique du 38ème Régiment d’Infanterie

 

5 Mai 1916

Jean Gontier est affecté au 38ème R.I. (120ème Division, 3ème C.A.). Il rejoint le dépôt divisionnaire (DD) en zone intérieure le 7 Mai – 33ème Compagnie- 9ème Bataillon.

8 Mai 1916

Le 38ème R.I. est dans le secteur d’Attichy (Aisne) où après une première affectation à la 17ème Compagnie, il passe à la 3ème C.M. (Compagnie de Mitrailleuse du 3ème Bataillon).

Le 38ème, après avoir durement combattu à Verdun (du 28 Février au 25 Mars 1916), a été transporté dans la région de Compiègne (Oise) afin de réorganiser le régiment et instruire les nouveaux arrivés. Le 38ème a relevé le 329ème R.I. dans la nuit du 24 au 25 Avril.

La structure des régiments d’infanteries (R.I.) est en plein changement. Les Compagnies de mitrailleuses qui étaient attribuées à la Brigade dépendent désormais des régiments et chaque Bataillon dispose de sa C.M. (Voir plus loin l’ordre de bataille en date du 20 Juillet 1916 qui donne la nouvelle organisation du régiment).

Une C.M. est sous les ordres d’un Capitaine. Celui-ci est aidé dans ses fonctions par : Médecin, Vétérinaire (il y a des mulets dans la C.M. !), Intendance, Téléphone, Administration,…

Il y a 4 sections combattantes. Chaque section est sous les ordres d’un Officier Lieutenant ou sous-lieutenant, parfois d’un adjudant. Chaque section est dotée de 2 mitrailleuses modèles St Etienne.

La section est divisée en 2 pelotons. Les éléments du peloton doivent assurer les rotations nécessaires pour que la mitrailleuse soit toujours opérationnelle. Cette astreinte fait que les hommes de la C.M. n’ont pas de corvées à assurer lorsqu’ils sont en ligne.

Un « privilège » qui rend certains jaloux… en plus le transport des munitions, équipements, mitrailleuses est assuré par de petites charrettes tirées par des mulets.

Si on ajoute que souvent des postes préparés spécialement pour les mitrailleuses sont aménagés sur la ligne de front, les mitrailleurs passent pour des favorisés !

Le groupe qui sert la mitrailleuse:

1 Chef de pièce (Caporal), 1 Tireur, 1 Approvisionneur passe bande, 2 approvisionneurs caisses. Pendant la bataille, les munitions sont amenées « sur » la ligne de front par chariots.

Dans le Peloton la coordination est assurée par un sergent.

Le 38ème opère dans le secteur d’Attichy

-Sous-secteur D5 Bonval

PC à la ferme de Moufflaye –

Lieux-dits du secteur: Chemin creux, Hautebraye, Sacy, Vic-sur-Aisne, Ravin de Sacy, Ravin des cuisines, M1-M2

-Sous-secteur D33 Libertrud

Lieu-dit: Saint Pierre-les-Bitry

-Dans la zone aux mains des allemands

Le Saillant des Balthazar, Moulin sous Tavent, Saillant Flensburg, la Ferme de la Carrière, Saint Victor

carte 1 38ème ri.png

8 Mai 1916

La 3ème Compagnie Mitrailleuse occupe le sous-secteur de Bonval (dit aussi Moufflaye). Le 38èmeR.I. est également chargé des opérations sur le sous-secteur de Saint Léocade.

Le P.C. du sous-secteur est à la Ferme de Moufflaye.

Le secteur d’Attiche : Français et allemands se font face. On n’est pas là pour gagner du terrain. Patrouilles, duels d’artillerie, marmitage, mitraillage, coups de main… sont monnaie courante et le danger est toujours présent.

9 Mai

Tir de l’artillerie allemande sur les tranchées de Sainte Léocade afin de détruire des plates-formes de mitrailleuses. Grande activité de nos canons de tranchée sur les positions ennemies.

10 Mai 1916

Le 3ème Bataillon dit Bat Jullien, nom de son capitaine, est relevé par le Bataillon Ducasse (1er Bataillon) et va cantonner à Attichy.

11 Mai 1916

Activité habituelle de l’artillerie et des engins de tranchée

12 Mai 1916

Bombardement de l’ennemi avec de gros calibre dans le secteur de Bonval, pas de perte, quelques obus sur la ferme de Moufflage.

13 et 14 Mai 1916

Rien d’important à signaler

15 Mai 1916

Préparation de la relève du 2ème Bataillon (Gerber) par le 3ème Bataillon Jullien à Sainte Léonarde.

16 Mai 1916

Canonnades habituelles. Un avion allemand qui essayait de survoler nos lignes est abattu par un avion français et vient tomber dans nos lignes.

17 Mai 1916

Le Bataillon Gerber est relevé dans la nuit par le Bataillon Jullien dont la 3ème C.M occupe le secteur D4 (Grotte de Bonval).

Dans le secteur de Bonval, tirs d’artillerie assez violents au cours de la nuit. Le soldat Million de la 3ème Cie est blessé par un obus. Le Sous-lieutenant Durand, le Caporal Madrignar et le soldat Lévêque sont blessés accidentellement légèrement par l’explosion d’une grenade ennemie non éclatée qu’ils cherchaient à démonter. (page 66, Historiques des faits 38ème R.I.)

20 Mai 1916

Les avions allemands montrent une certaine activité. Dans la nuit, des mitrailleuses allemandes tirent sur les hommes qui réparent les tranchées. Elles sont immédiatement contrebattues par celles du Secteur de Sainte-Léocade.

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21 Mai 1916

Tirs réciproques sur des travailleurs. Les allemands font disparaître les arbres de la Ferme Saint Victor. Un avion français abat un avion allemand dans le secteur voisin du Secteur de Bonval.

22 Mai 1916

Bombardement de notre A.T. (Artillerie de Tranchée) sur le saillant de la Ferme Saint-Victor.

Le Commandant du Secteur de Sainte-Léocade signale des carrés blancs très visibles, placés en arrière des premières lignes allemandes semblant dénoter un jalonnement de ligne dont l’usage ne peut être déterminé.

Le soldat Gérentes da la 1ère Cie est blessée à la tête par des éclats de grenade.

23 Mai 1916

Le Chef du Bataillon Ducasse et le Lieutenant Soury sont tués en première ligne par l’explosion d’une grenade dans le Secteur de Bonval tandis qu’ils passaient leur inspection et en allant au secours des deux soldats qui venaient d’être blessés grièvement par une grenade allemande.

Le Capitaine Fages prend provisoirement le Commandement du 1er Bataillon.

24 Mai 1916

-Activité habituelle des deux artilleries-

Les allemands bombardent à nouveaux le sous-secteur Sainte Léocade.

25 Mai 1916

Les allemands paraissent viser plus spécialement les observatoires dans le Secteur de Sainte Léocade.
Notre artillerie de tranchée du Secteur de Bonval exécute une canonnade assez violente sur la Ferme Saint Victor à laquelle les allemands ripostent en envoyant de nombreuses grenades à fusil et bombes sur les tranchées en face de la Ferme.

26 Mai 1916

-Journée calme-, activité moyenne habituelle des deux artilleries, accroissement de l’activité de nos canons de tranchée sur le Saillant de la Ferme Saint Victor.

28 Mai 1916

-Journée calme-

Tir d’artillerie dans le vallon de Bonval. Riposte à coups de torpilles. Les avions et les Drachen allemands montrent quelque activité.

29 et 30 Mai 1916

– Activité habituelle des deux artilleries-

Nos canons de tranchée agissent fortement sur le Saillant de la Ferme Saint Victor.

Les allemands envoient des grenades à fusil dans le secteur du Vallon de Bonval, notre A.C. (Artillerie de campagne) riposte en lançant des torpilles sur le saillant de la Ferme Saint Victor.

31 Mai 1916

Les allemands montrent une certaine nervosité qui se traduit par de nombreux coups de fusil pendant toute la nuit, sur le front du Régiment et à droite dans le secteur du 16ème d’Infanterie.

1 Juin 1916

Légère recrudescence de l’activité de l’artillerie ennemie et des grenades à fusil dans le secteur de Bonval.

2,3 et Juin 1916

-Journée calme sans incident particulier à signaler en dehors de l’activité habituelle des deux artilleries-; toutefois les allemands envoient pour la première fois dans le secteur de Bonval des obus de gros calibre répandant une forte odeur de phosphore.

5 Juin 1916

-Journée relativement calme-

Dans la nuit, relève du 3ème Bataillon par le 1er Bataillon dans le secteur de Bonval, Sainte Léocade.

La 3ème C.M. du Bataillon Jullien stationne à Attichy.

6 Juin 1916

Exécution d’un tir de concentration sur le saillant de Saint Victor par notre artillerie.

Au cours de cette opération le 2ème Bataillon exécute un coup de main sur la Carette et l’abri de l’Observatoire, installés sur le saillant, qui seront détruits par le corps franc.

Les allemands répondent en envoyant 300 obus à phosphore et quelques 77 sur la ferme Moufflage sans faire de dégâts ainsi que sur Sacy et Haubraye.

Bombardement habituel sur le secteur de Sainte Léocade.

7 Juin 1916

Bombardement sur la Chaussée Brunehaut et bombardement assez violent du Val de Bonval.

1 blessé par éclat d’obus.

8 Juin 1916

Les allemands mettent devant leurs lignes une pancarte rédigée en français :

« Lord Kitchener est mort. Hurrah »

9 Juin 1916

-Rien d’inhabituel-

10 Juin 1916

Une patrouille allemande cherche à s’approcher de la tranchée de l’Etoile mais elle s’enfuit aussitôt démasquée par une fusée éclairante.

11 et 12 Juin 1916

Continuation des tirs de destruction-

Le camp français place, en réponse à leur message du 8 juin, des pancartes, dans les fils de fer allemands, annonçant les succès russes en Galicie contre l’Armée autrichienne.

13 Juin 1916

Violent bombardement dans le secteur du 86ème R.I et mise en alerte du C.R. de Sainte Léocade.

14 Juin 1916

-Tir habituel des deux artilleries-

1 blessé par balle

15 Juin 1916

Violents tirs de l’artillerie allemande qui détruisent un abri d’artillerie dans le Vallon de Bonval et font 3 blessés.

16 Juin 1916

Le 3ème Bataillon retourne au Secteur de Bonval.

Emplacement des Compagnies :

9ème Cie : Chemin Creux

10ème Cie : Hautebraye

11ème Cie : Chemin de gauche M1

12ème Cie : Chemin de droite M2

3ème C.M. répartie dans l’ensemble du secteur.

17 Juin 1916

-Journée calme- mais un soldat tué par une torpille ;

Continuation des travaux de l’amélioration des défenses du secteur, nouvelles lignes de résistance et contre-attaque.

18 Juin 1916

-La guerre des pancartes continue !-

Magnification d’une défaite allemande face au russes par le camp français à travers une manifestation (chant de la Marseillaise) et des pancartes placées dans les réseaux de fils de fer allemands.

L’ennemi tire sur l’ensemble sur secteur (77 – 105 et 150).

19, 20 et 21 Juin 1916

-Journées calmes-

1 soldat du 3ème Bataillon est blessé par un éclat d’obus.

22 Juin 1916

Augmentation du nombre de canon de 58

Canon 58 = mortier de 58 mm = Crapouillot

23 Juin 1916

Des pancartes annonçant des succès russes sont lancées dans les lignes ennemies au moyen de fusées éclairantes qui tombent en suite dans leurs réseaux.

24 Juin 1916

Bombardement peu violent des deux côtés.

Journée calme dans le C.R. de Bonval. Dans le Secteur de Sainte Léocade, les deux artilleries montrent une certaine activité.

Continuation des travaux relatifs à l’aménagement de nouvelles lignes de résistance et de contre-attaque;

Bombardement du C.R. de Bonval par du 105.

Du 25 au 28 Juin 1916

-R.A.S-

29 Juin 1916

Activité plus grande de notre artillerie en prévision des actions qui doivent être faites dans le secteur de la 120ème D.I. (Division d’Infanterie)

L’artillerie de tranchée prépare des brèches aux saillants de Balthazar et de la ferme de la carrière Saint Victor.

30 Juin 1916

Dans la nuit du 29 au 30, un Bataillon du 16ème Régiment Tal relevait un Bataillon du 86ème dans le secteur de Libertrud.

Le 13ème C.A. passe à la 3ème Armée.

1 Juillet 1916

Réoganisation

Une des compagnies cantonnée à Attichy, cantonnera désormais à Bitry.

Continuation des tirs de destructions

2 Juillet 1916

Un soldat est tué d’une balle qui blesse légèrement le sergent fourrier de la 5ème Compagnie au moment où ces deux militaires examinaient par pure curiosité le tir de canon de 58 sur la ferme de la carrière Saint Victor.

Journée relativement calme sur le front du Régiment.

3 Juillet 1916

Activité presque nulle chez l’ennemi mais un soldat est blessé par un éclat d’obus.

Continuation des travaux dans les deux C.R.

4 Juillet 1916

Tirs préparatoires au coup de main qui doit être exécuté dans la soirée sur le saillant Balthazar. Malgré ça, le détachement du coup de main est reçu à coups de fusil, il ne parvient pas à remplir sa mission. Un soldat est tué en allant à la recherche du Sous-lieutenant dont l’absence faisait craindre qu’il fût resté en dehors des lignes, un soldat blessé par balle.

Ce détachement était composé de volontaires (2 sergents, 2 caporaux, 20 hommes) sous le commandement d’un sous-lieutenant.

5 Juillet 1916

A la suite du coup de main, une nervosité assez grande dans les lignes allemandes, nombreux coups de fusil et de mitrailleuse durant toute la nuit.

6 Juillet 1916

Dans la nuit du 5 au 6, le 1er Bataillon relève le 3ème Bataillon à Sainte Léocade.

La 3ème C.M. rentre à Attichy.

Peu d’activité de l’artillerie allemande.

Le Bataillon commence sa nouvelle organisation.

7 Juillet 1916

Bombardement des positions allemandes par notre artillerie de campagne. Riposte de l’ennemi au moyen de torpilles et de quelques obus de 77.

8 Juillet 1916

Journée calme – Travaux de réfection et d’amélioration sur les premières lignes.

Continuation du tir de 58 sur la ferme Saint Victor.

9 et 10 Juillet 1916

Journées calmes – Quelques obus échangés

11 Juillet 1916

-Calme relatif-

12 Juillet 1916

Continuation des travaux – Quelques obus échangés

Dans la nuit du 12 au 13, le 3ème Bataillon quitte Attichy pour remplacer dans le secteur de Vic-sur-Aisne un Bataillon du 9ème Tirailleurs appelé à concourir à la revue du 14 Juillet.

La 3ème C.M. reste à Attichy.

13 Juillet 1916

-Journée absolument calme-

Visite du C.R. de Bonval par le Commandent Général du C.A.

14 Juillet 1916

-Journée calme-

15 Juillet 1916

Quelques échanges d’obus

Quatre blessés légers à la 1ère Compagnie.

16 et 17 Juillet 1916

Grand calme- Travaux habituels

Dans la nuit du 16 au 17, retour du 3ème Bataillon à Attichy.

18 Juillet 1916

-Calme-

Un déserteur polonais se présente au C.R. de Bonval. Interrogé, il donne quelques informations sur les changements des unités qui font face à nos troupes.

19 Juillet 1916

Dans la nuit du 18 au 19, relève du 2ème Bataillon par le 3ème .

Aucune activité chez l’ennemi

20 Juillet 1916

Aucun obus ennemi sur le secteur

Quelques obus de 58 sont tirés.

L’ordre de bataille découvre la nouvelle organisation… il n’y a plus que 3 Compagnies d’Infanterie dans un Bataillon, contre 4 auparavant !

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21 Juillet 1916

-Journée calme-

Un blessé léger (balle dans l’avant-bras)

22 Juillet 1916

Continuation des travaux de toute nature

Echange de tirs entre obusiers français et minenwerfer allemand

23 Juillet 1916

Activité normale – Continuation des travaux

Ronde d’officiers d’E.M. (120ème D.I.) au C.R. de Bonval.

24 Juillet 1916

Journée très calme – exercices d’alerte contre les gaz

25 Juillet 1916

Artillerie sur les 2 lignes

Diminution sensible de l’activité de l’artillerie ennemie

Journée très calme dans l’ensemble

26 Juillet 1916

Une patrouille allemande s’approche du C.R. de Sainte Léocade ; Reçue à coups de fusil, elle s’éloigne sans laisser le moindre indice. Le C.R. envoie une patrouille d’embuscade qui ne rapporte aucun renseignement.

Organisation dans les deux C.R. d’abris de guetteurs et de chevalets de tir dirigés sur des créneaux ennemis. L’artillerie ennemie est de moins en moins active.

27 Juillet 1916

Au cours de la nuit, de nombreux signaux lumineux sur les lignes ennemies qui coïncident avec le passage d’avions français. Patrouilles d’embuscade envoyées par les deux C.R.

L’artillerie ennemie envoie en tout 4 obus de 77.

28 Juillet 1916

Tirs systématiques des fusils braqués sur les points de passage fréquentés par l’ennemi. Chaussée Brunehaut – Sucrerie du Bout de Vaux.

L’ennemi qui paraissait avoir abandonné le saillant Saint Victor manifeste sa présence la nuit par de nombreux coups de fusil.

29 Juillet 1916

Journée très calme – Travaux habituels

Les allemands travaillent à réparer les tranchées du Saillant Saint Victor ; des torpilles françaises et de nombreux coups de fusil sont tirés pour gêner ces travaux.

Patrouilles d’embuscade faites sans résultat.

L’activité de l’artillerie ennemie est toujours aussi faible ; elle se traduit par l’emploi de 3 coups de 77 et de 5 obus de 105.

30 Juillet 1916

La Marseillaise est chantée dans les tranchées et des hourras sont poussés en l’honneur des victoires russes. Des coups de fusil y répondent des tranchées adverses ; elles cessent à l’envoi de nos bombes de 58.

Une patrouille allemande se glisse jusqu’au poste de la Cage à poules (jonction entre les C.R. de Bonval et Sainte Léonade).

Après avoir réussi à couper quelques fils de fer, elle s’éloigne sous nos coups de fusil laissant sur le terrain de nombreuses grenades qui constituent leur armement.

Travaux habituels

L’artillerie ennemie envoie 4 obus de 77 sur le Secteur de Sainte Léonade.

31 Juillet 1916

L’ennemi continue ses travaux qui sont gênés par nos tirs systématiques de fusils braqués et les faibles allocations attribuées en obus et en bombes de 58.

Des patrouilles d’embuscade sont envoyées pendant la nuit.

Le poste de la Cage à poules est renforcé. Désormais des boyaux le relient aux deux C.R.

« Début juillet, le commandement français a entrepris, dans la Somme, une vaste diversion à l’offensive allemande sur Verdun. Depuis deux mois, par une série d’attaques minutieusement préparées et minutieusement exécutées, nos troupes progressent, arrachant chaque jour à l’ennemi une nouvelle parcelle de terrain. Le 8 Septembre, le 38ème est jeté dans la bataille. Le 17, deux de ses bataillons, le 1er et le 2ème, s’élancent d’une façon magnifique à l’assaut des positions ennemies de Vermandovillers. Dans un ordre impressionnant, les vagues d’assaut progressent comme à un exercice. »

Historique du 38ème RI

1er Août 1916

-Journée calme –

Un soldat de la 7ème Cie à la main emportée par une grenade.

2 Août 1916

-RAS-

3 Août 1916

Dans la nuit du 2 au 3, une patrouille allemande cherche à enlever le petit poste num.3 en avant du saillant du Métro dans le C.R. de Sainte Léonade ; reçue à coups de fusil et de grenades, elle laisse dans les fils de fer, un cadavre qui est enterré à Bonval. L’inspection de ce cadavre n’apporte aucun élément nouveau sur les troupes opposées.

4 Août 1916

Les minenwerfer ennemis montrent une grande activité sur le C.R. de Libertrud (16ème Tal), ils se taisent sous l’effet de nos tirs de 120.

Continuation des travaux dans les deux C.R. Les patrouilles envoyées la nuit vers les réseaux ennemis n’apportent aucun renseignement intéressant. L’ennemi continue ses réparations de tranchées dont l’exécution est entravée par le tir systématique de nos fusils de position et de nos mitrailleuses.

5 Août 1916

Le C.R. de Bonval signale l’existence d’un tireur ennemi dont l’emplacement a été précisé; un fusil est braqué sur ledit emplacement et un guetteur reçoit pour mission de l’exécuter.

Une patrouille envoyée par le C.R. de Sainte Léocade découvre un cordon blanc ayant probablement servi à guider l’attaque faite le 3 août par la patrouille ennemie sur le P.P. num.3.

6 Août 1916

– Journée particulièrement calme-

Relève du 3ème Bataillon.

La 3ème C.M. est à Attichy.

7 au 9 Août

-Continuation des travaux-

Tir des obusiers ennemis sur le Secteur de Libertrud

10 Août 1916

-Journée très calme – Continuation des travaux

11 et 12 Août 1916

– Journées calmes-

Silence impressionnant de l’artillerie ennemie

Nombreuses grenades à fusil sur le front de Bonval auxquelles ripostent les canons de 58.

12 Août 1916

-Continuation des travaux-

13 Août 1916

Alerte pour l’émission de gaz sur le Secteur ennemi de Moulin V, sous Touvent, et du saillant de Flensburg.
Lutte de torpilles, grenades à fusil, de grenades à ailettes sur le front de Bonval.
A la 5ème Cie, 1 soldat est tué, 5 soldats sont blessés par une grenade allemande.

Riposte par canons de 58 et par l’artillerie lourde.
L’artillerie ennemie est toujours silencieuse.

14 Août 1916

2 soldats de la 7ème Cie sont grièvement blessés par une bombe.

Alerte pour l’emission de gaz à 18h30. Les deux C.R. de Sainte Léocade et de Bonval sont alertés. Les chevaux sont ramenés sur Jaulzy où ils restent jusqu’à 20h30.

15 Août 1916

Dans la nuit du 14 au 15, relève du 2ème Bataillon par le 3ème Bataillon.

Les 9ème et 11ème Compagnies sont en première ligne, la 10ème au ravin des cuisines, la 3ème C.M. dans le secteur.

A 4h30, le Régiment est alerté pour l’émission de gaz qui a lieu à 5h30.

Aucune réaction de l’ennemi

16 Août 1916

-Journée très calme des deux côtés-

Aucun incident à signaler

17 Août 1916

Travaux habituels – quelques grenades à fusil sur le Secteur de Bonval.

Arrivée d’un renfort de 9 sous-officiers, 13 caporaux et 178 hommes de troupe envoyés en renfort au 38ème par le 9ème Bataillon du D.D. (Dépôt Divisionnaire).

18 Août 1916

Dans la nuit, une patrouille ennemie cherche à s’approcher des lignes ; elle est repoussée à coups de fusil.

– Continuation des travaux –

Coups de fusil et de mitrailleuses des deux côtés

1 sergent tué à la 9ème Cie, 1 soldat blessé à la 11ème

19 Août 1916

-Journée calme-

Des patrouilles d’embuscade sont lancées en avant de nos réseaux; une de ces patrouilles rapporte deux fusils et une casquette allemande abandonnée par la patrouille mise en fuite la veille.

20 Août 1916

Le Dépôt Divisionnaire quitte Nanteuil pour cantonner à Boissy-Freynois.

21 Août 1916

Dans la nuit de 20 au 21, relève des 1er et 3ème Bataillons à Sainte Léocade et Bonval par 2 Bataillons du 224ème.

Une torpille atteint deux soldats du 1er Bataillon

1 tué, 1 blessé

Les 2 Bataillons vont cantonner à Attichy.

Ils s’embarquent à Couloisy pour Levignen.

22 Août 1916

Le 38ème R.I. cantonne à Levignen (Oise)

1er et 3ème Bataillon à Levignen

2ème Bataillon à Bargny.

Un détachement de renfort rejoint le D.D. à Boisy-Freynois.

23 Août 1916

Installations dans le cantonnement

Se tenir prêt pour le départ

24 Août 1916

Le Capitaine Coulomb, chef de la 3ème C.M., est évacué.

25 Août 1916

La 120 D.I. est mis à la disposition du 21ème C.A. (Xème Armée).

Le régiment quitte les cantonnements pour aller embarquer à Nanteuil-le-Hauduin.

Le 3ème Bataillon doit embarquer à 15heures.

Débarquement en gare de Crevecoeur-le-Grand (Oise). Le 3ème Bataillon débarque à 1h du matin le 26.

26 Août 1916

Le 3ème Bataillon va cantonner à Le Gallet.

27 Août 1916

Installation dans les cantonnements

29 et 30 Août 1916

Instruction des Bataillons et du Régiment, exercices en vue du combat offensif.

2 Septembre 1916

Ordre de mouvement pour le lendemain.

3 Septembre 1916

Le 3ème Bataillon se rend à pied à son cantonnement à Coullemelle.

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4 Septembre 1916

Installation et instruction

5 au 7 Septembre 1916

Continuation de l’instruction et de l’organisation du Régiment.

2 soldat de la 11ème Cie sont tués au cours d’un exercice de grenadiers.

8 Septembre 1916

Le Régiment est embarqué par automobile. Il débarque à Harbonnières gare.

A 17h le Régiment rejoint Caix par voie de terre.

Dans la nuit du 8 au 9, le 3ème Bataillon relève un Bataillon du 166ème R.I. au saillant de Nuremberg.

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9 Septembre 1916

Dans la nuit du 8 au 9, le 3ème Bataillon relève un Bataillon du 166ème dans le saillant du Nuremberg.

10 Septembre 1916

Le 3ème Bataillon relève un Bataillon du 366ème au sous-secteur du Bois Mauriz.

Les 9ème et 10ème Compagnies sont en première ligne. La 11ème est en réserve.

Bombardement des positions par l’artillerie ennemie, on déplore 1 tué et 13 blessés.

Le Régiment revoit son organisation pour assurer le ravitaillement en nourriture, munitions, etc… des troupes au front.

11 Septembre 1916

Les Bataillons organisent leur secteur, réparation des tranchées et inhumation des cadavres.

Dans la nuit, coup de main ennemi dans le secteur du 2ème Bataillon, il est repoussé à la grenade.

Des obus ennemis tombent sur les anciennes tranchées occupées par le 1er Bataillon et y occasionnent des pertes.

3 tués et 16 blessés par les bombardements que l’ennemi exécute sur les tranchées.

12 Septembre 1916

Continuation des bombardements ennemis, auxquels notre artillerie répond énergiquement. Travaux de réfection des tranchées complètement bouleversés par les tirs d’artilleries.

3 tués et 13 blessés dans le 2ème Bataillon, rien de particulier au niveau du 1er Bataillon dont les unités sont occupées principalement aux ravitaillements et transports de toutes natures.

13 Septembre 1916

Bombardement systématique de tout le secteur par des batteries lourdes ennemies qui prennent en enfilade toute l’ancienne première ligne allemande, les tirs occasionnent toujours des pertes sensibles: 9 blessés.

Le 3ème Bataillon relève dans le nuit le 1er Bataillon.

14 Septembre 1916

Continuation du bombardement

2 tués, 2 blessés

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15 Septembre 1916

Situation sans changement

Ordre d’attaque de la 120ème D.I. « Jour de l’attaque 16 Septembre »

Les 155 courts commencent la destruction de nos travaux et de la tranchée de Saturne.

2 tués et douze blessés

16 Septembre 1916

Continuation des tirs de destruction des organes de défense ennemie en vue de l’attaque.
Riposte ennemie qui occasionne des pertes

Le Capitaine Durel du 1er Bataillon est blessé à la face par un éclat d’obus. 8 militaires blessés

L’attaque est repoussée au 17 Septembre.

Continuation des travaux d’organisation de la parallèle de départ.

17 Septembre 1916

Attaque des lignes ennemies en avant de Vermandovillers.

Le 38ème exécute l’attaque principale, 1er Bataillon à gauche en liaison avec le 26ème qui exécute l’attaque secondaire et le 2ème Bataillon à droite en liaison avec le Bataillon du 408ème qui est chargé de l’attaque secondaire.

Malheureusement des pertes assez nombreuses sont à enregistrer :

Tués :

1 officier ; 3 sous-officiers ; 26 hommes 3 aspirants

Blessés :

3 officiers ; 13 sous-officiers; 97 hommes

Le 1er Bataillon perdra 126 hommes, sergents, caporaux, soldats dont 28 tués.
Le 2ème Bataillon perdra 1 et 10 blessés.

Le 3ème Bataillon, à l’ordre du Général de Brigade, a envoyé la 10ème Cie en renfort au 1er Bataillon, la 9ème en renfort au 2ème Bataillon. La 11ème sera envoyée par part à chacun des deux Bataillons.

4 38ème ri carte.png

18 Septembre 1916

La nuit est relativement calme et est employée aux ravitaillements de toute nature, rendus difficiles par la pluie et les obus qui tombent sur le chemin que suivent les unités du 68ème Territorial qui assume ses corvées. Le 86ème continue l’attaque de veille et la 49ème Brigade achève la tâche qui lui était assignée.

L’heure est à l’organisation du terrain conquis.

1ère ligne 38ème Bataillon de droite : Front du Bois Guillaume (2ème Bataillon)

Bataillon de gauche : limites E et N du Bois Kalner (1er Bataillon)

Le 3ème Bataillon est toujours Bataillon de réserve de la Brigade.

Les tirs ennemis ont fait 10 blessés.

19 Septembre 1916

Notre artillerie exécute des tirs de barrage qui enlève à l’ennemi toute tentative de contre-attaque.
Le mauvais temps rend le séjour dans les tranchées extrêmement difficiles.

Les ravitaillements de toute nature ne se font qu’au prix de très grandes difficultés en raison de la nuit très noire, de l’éloignement du centre de distribution et du mauvais état des tranchées et boyaux.

1 militaire tué au cours de la journée.

7 38ème ri écrit.png

                                                      Journaux de marche du 273ème R.I. (1916)

20 Septembre 1916

Nouvelle organisation du Secteur de la 49ème Brigade

Sud : intersection du Boyau Serpentin et de la Tranchée Guillaume

Nord : la route d’Ablaincourt à Vermandovillers

Le front est réparti en 3 C.R.

C.R. Guillaume C.R. Oërtel C.R. Kalner

Le 3ème doit tenir les C.R. Guillaume et Oërtel.

P.C. du Cat du 38ème aux Pommiers

Réserve du Régiment: 1 Cie et 2 Sections de mitrailleuses à la tranchée de l’Eclipse et de Saturne

Réserve de Brigade: (pour le 38ème) 2 Cies et 2 Sections de mitrailleuses aux tranchées du Soleil, de Mercure et de Venus.

La nouvelle organisation doit être réalisée le 21 Septembre.

Le temps est très mauvais mais n’empêche pas la continuation des bombardements.

Pertes: 3 tués et 13 blessés

21 Septembre 1916

Dans la nuit le 3ème Bataillon relève un Bataillon du 408ème au C.R. Guillaume

1 tué, 1 blessé dans la journée

22 Septembre 1916

A partir du 21 : le 3ème Bataillon est en première ligne et occupe le C.R. du Bois Guillaume.
La 3ème C.M. est tout entière en première ligne.

La liaison avec le 273ème R.I. est assurée par le boyau du Serpentin.

1 sous-officier blessé

23 Septembre 1916

Le 3ème Bataillon est réserve de Division.
L’ennemi lance de nombreuses grenades à ailettes dans le boyau serpentin : 4 soldats blessés

24 Septembre 1916

Continuation du bombardement ennemi sur différents points du secteur

Continuation des travaux d’aménagement du CR Guillaume

1 homme tué – 4 blessés

25 Septembre 1916

-Journée relativement calme-

Des travaux : CR Guillaume, organisation de la défense

Echanges de tirs de grenade à ailettes… nous utilisons un obusier allemand (trouvé dans les positions ennemies)

1 homme tué

26 Septembre 1916

1 homme tué, 7 blessés

27 Septembre 1916

3 officiers et 350 hommes quittent le 38ème pour rejoindre le 273ème. Jean en fait partie.